Journal d'un chambardement

L’Hôpital Joffre-Dupuytren, hôpital gériatrique situé à Draveil (Essonne) dépendant de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris, est pris dans une tourmente qui remet en cause jusqu’à son existence même.

Pour la première fois depuis longtemps, le mouvement de révolte des personnels inclut une mobilisation des médecins du site face à des annonces de restructurations avivant les pires craintes.

C’est dans ce contexte, et pour mettre sur la place publique le journal des évènements afin que chacun puisse suivre leur déroulement en connaissance de cause, que le Collectif des Médecins de l’Hôpital Joffre-Dupuytren entreprend la rédaction de ce blog.

samedi 13 mars 2010

Revue de presse

Une petite revue de presse des événements des dernières 48 heures, qui sera enrichie ensuite selon l'actualité.

A lire :

10/03/10

- 20minutes.fr

11/03/10

- Le Point

- Lemonde.fr : Le directeur général de l'AP-HP aurait été limogé qui corrige, puis relance la rumeur sur le limogeage du DG de l'AP-HP

(j'inclus le texte intégral pour qu'il ne soit pas bloqué par un accès payant après quelques jours)

LEMONDE.FR 11.03.10 22h36 • Mis à jour le 12.03.10 11h09

Le directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Benoît Leclercq, aurait été "viré", selon des informations rapportées, jeudi 11 mars, par le site Internet de Libération. Contacté par Le Monde.fr, le ministère de la santé dément l'information qu'il qualifie de "rumeur infondée".

"Mais, de sources élyséennes, c'est confirmé", précise le quotidien. M. Leclercq, 62 ans, est directeur général de l'AP-HP depuis 2006.

Cette décision intervient alors que des syndicats de l'AP-HP occupent actuellement et depuis la mi-journée son siège à Paris, afin de dénoncer les projets de restructuration de la direction. Une centaine de personnes se sont installées dans la salle de conseil du siège, situé près de l'Hôtel de Ville, dans l'intention d'y passer la nuit, à l'appel de l'intersyndicale CGT-CFDT-FO-SUD-Santé-CFTC.

Celle-ci demande l'arrêt immédiat de la fermeture de nombreux hôpitaux de l'AP-HP, du plan social de suppressions d'emplois, qu'elle chiffre à 5 700, et le maintien de l'offre de soins en Ile-de-France.

Le Monde.fr

12/03/10

- JDD 12/03/10 : Les locaux de l'AP-HP occupés

- Lemonde.fr : Manifestation houleuse devant le siège de l'AP-HP

- Lefigaro.fr : AP-HP : Le gouvernement a mis le feu

- Associated Press, repris plus ou moins intégralement dans :

- France2.fr

- Nicematin.com

- Lexpress.fr

- Leparisien.fr

- Lesteclair.fr

- Même à l'étranger : La libre Belgique Lalibre.be

- Lepoint.fr, avec en supplément Amplification de la contestation contre la restructuration

- Nouvelobs.fr, qui détaille sur trois articles : Le siège de l'AP-HP occupé à Paris, Le siège de l'AP-HP toujours occupé, et Fin de l'occupation du siège de l'AP-HP à Paris

13/03/10

- TF1 News

- Libération

15/03/10

- Décision Santé

17/03/10

- Libération

18/03/10

- Libération

- Nouvelobs.fr

20/03/10

- Libération

- L'Humanité, avec un dossier en plusieurs articles : L'équilibre des comptes ... (par Claude Evin), Le plan de l'AP-HP ... (par André Grimaldi, MDHP), Hôpitaux de Paris : vers l'asphyxie ?, L'état prêt à livrer le secteur médico-social au privé


21/03/10

- Libération

23/03/10

- Le Figaro

- Mediapart

25/03/10

- Lefigaro.fr

26/03/10

- 20minutes.fr

- Midinews.fr (AFP)

- Lemonde.fr

- L'Humanité

27/03/10

- Lefigaro.fr

02/04/10

- France3.fr

A voir :

11/03/10

- BFM TV : Le siège de l'AP-HP occupé par le syndicats, et Le personnel hospitalier en colère (le reportage tourné à Joffre-Dupuytren)

12/03/10

- LCI

- Itele

19/03/10

- Telessonne


vendredi 12 mars 2010

Petit essai de politique sanitaire–fiction : Joffre-Dupuytren à la pointe de la réflexion d’anticipation


Avertissement de la Rédaction : Ceci est une fiction d’anticipation. Personne n’a encore jamais avoué avoir conçu le type d’idées ou de projets décrits ci-après.


Une vieille histoire raconte que la SNCF ayant remarqué que, lors d’un accident de train, la plupart des victimes se trouvaient dans le dernier wagon, elle avait décidé de supprimer le dernier wagon de ses trains.

Un exemple à suivre par les gestionnaires de la santé publique : une bonne moitié des dépenses d’assurance maladie ayant lieu durant la dernière année de vie, il suffirait de supprimer cette dernière année pour diviser par deux les dépenses nationales de santé.




Une autre histoire raconte comment un savant s’étant mis en devoir de couper une à une les pattes d’une puce, et l’ayant vu de plus en plus difficilement répondre à l’instruction de sauter, en avait conclu que couper les pattes d’une puce la rend sourde.

Un exemple à méditer par les gestionnaires de la santé publique : éloigner les lieux de prise en charge des personnes âgées de leurs lieux de vie permettrait de réduire drastiquement les demandes de ces prises en charge.

En attendant des progrès suffisants de la médecine prédictive pour permettre la détection de la dernière année de vie, seule une approche statistique peut être en mesure d’aider nos gestionnaires dans leur quête de l’équilibre financier.

Ainsi, rendre la vie aussi insupportable que possible aux personnes âgées peut être vu comme une priorité budgétaire nationale : déremboursements divers limitant les possibilités d’apaisement de tous les maux du quotidien, retard dans le rattrapage du montant des pensions de retraite, culpabilisation des retraités devant le poids qu’ils font subir aux plus jeunes qui financent leurs pensions, éloignement et diminution du nombre des lieux de soins, … Toutes les idées sont bonnes à prendre, et ce d’autant plus qu’elles pénalisent prioritairement les personnes âgées, leur rogne le goût de vivre, donc réduisent leur capacité à atteindre cette fameuse dernière année de vie. Et cela sans compter les bénéfices financiers directs de telle ou telle mesure (déremboursements, montant des pensions, …).

Tout le problème est alors de faire en sorte que l’année qui précède la dernière année ainsi supprimée ne devienne pas ipso facto elle-même une nouvelle dernière année, avec son corrélat de dépenses de soins (la principale objection faîte à la SNCF dans son fameux projet « Dernier wagon »). Un vrai cauchemar de technocrate !

Un cauchemar ? Un défi, plutôt ! Car il ne faut jamais sous-estimer les capacités imaginatives de nos élites technocratiques, formées à l’excellence dans les meilleures écoles. Non plus que celles de Think Tanks par lesquels des experts judicieusement choisis peuvent venir en appui pour relever les défis les plus audacieux.


Réduire l’offre de soins aux plus âgés n’est évidemment qu’une partie de la façon de répondre au défi.

Une autre partie de la réponse se doit d’impacter réellement le coût des soins de la dernière année de vie (et l’on admirera au passage la maîtrise du vocabulaire managérial, gage de compétence dans ce domaine). Il ne peut évidemment être question de limiter ce coût a priori, question d’image, et d’ailleurs comment pourrait-on faire ? Mais puisque la dernière année de vie ne se définit en pratique qu’a posteriori, pourquoi ne pas demander alors remboursement des soins qu’elle a occasionnés. L’Aide Sociale avait bien lancé la technique en se remboursant des sommes versées sur la succession au titre de créancier prioritaire. Une simple extension de la technique aux soins de santé de la dernière année de vie aurait ainsi l’avantage de reprendre une méthode déjà acceptée sur son principe, techniquement bien rôdée, et d’une efficacité imparable.


Comment n’y avait-on pas pensé jusqu’à présent ? Tout simplement parce que les meilleures écoles administratives ont malgré tout leurs limites, et parce que nul n’avait encore songé à interroger la Think Tank de l’Hôpital Joffre-Dupuytren.

Amis technocrates, demandez et il vous sera répondu, en toute modestie.


A côté de cela, certaines dispositions de bon sens ne sont quantitativement que mesurettes pour l’image. Mais l’image est importante, et donc ce qui y contribue ne doit certainement pas être négligé.

Ainsi d’une idée primaire posant que puisque les besoins en soins de la population augmentent mécaniquement avec son vieillissement moyen, une part plus conséquente du budget national doit être consacrée à ce poste. Autrement dit, inutile de chercher la quadrature impossible du cercle : si l’ONDAM est insuffisant, la seule solution raisonnable est de l’augmenter. Question d’arithmétique élémentaire, niveau CE2.

Sauf à requalifier une série de situations jusqu’à présent classées parmi les problèmes de santé, donc couvertes par l’ONDAM, en autre chose qui n’en dépende plus. Prenons un exemple : nul ne contestera que l’alimentation joue un rôle fondamental dans l’équilibre glycémique des patients diabétiques. Pour autant, même si l’alimentation est dans ce cas un moyen de contrôler l’état de santé, l’évolution d’une maladie, et même si la médecine le reconnaît à ce point qu’elle a créé une spécialité de médecin nutritionniste, les coûts de l’alimentation ne sont jusqu’à présent pas reconnus comme des coûts de santé, pris en charge par l’Assurance Maladie, et couverts par l’ONDAM. Rien de choquant donc à ce que les autres méthodes de contrôle de l’équilibre glycémique puissent être traîtées à l’image de l’alimentation, donc exclues du cadre de l’ONDAM. De même pour le contrôle du taux de cholestérol, également lié à l’alimentation, et dont les divers moyens de régulation auraient légitimité à sortir du champ médical remboursé.

En sorte que, une fois le champ de l’ONDAM suffisamment réduit, l’ensemble de son budget devient largement excédentaire pour la prise en charge des pathologies couvertes, dont la couverture et les moyens qui leurs sont affectés peuvent même être alors significativement accrus. Question d’image, encore !



A nouveau, amis technocrates, demandez et il vous sera répondu, en toute humilité, par la Think Tank de l’Hôpital Joffre-Dupuytren, jamais avare de son aide discrète, compétente, efficace, s’appuyant sur une longue expérience dans le domaine de la gestion de la pénurie.

Un proverbe proclame « Il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions ». A son modeste niveau, la Think Tank de l’Hôpital Joffre-Dupuytren s’honore de pouvoir mettre sa foi en cet adage et sa capacité imaginative au service de la collectivité.


Avertissement de la Rédaction : Ceci était une fiction d’anticipation. Personne n’a encore jamais avoué avoir conçu le type d’idées ou de projets décrits ci-dessus.

jeudi 11 mars 2010

Actualite : Débarquement du Directeur Général de l'AP-HP

Le DG de l'AP-HP, Monsieur Benoit Leclercq, serait débarqué selon Libération.fr !!!

Est-ce la fin du chambardement et le retour à un peu de sérénité ?

Attendre et voir ... mais sans mépriser les bonnes nouvelles !!!

Provocation !

Juste histoire de voir comme la vie continue, voici ce qu'on peut trouver en date du 11/03/10 sur le Webzine de l'AP-HP (http://www.lewebzine.aphp.fr/). Ca sent bon la provocation, juste le jour où la Salle du Conseil du Siège de l'AP-HP est envahie, y compris par des soignants de Joffre-Dupuytren qui doit contribuer pour 68 de ses propres lits à ceux que réclame l'Hôpital Rotschild !!


jeudi 11 mars

Le nouveau Rothschild ouvre bientôt ses portes

La construction du nouveau Rothschild s’achèvera bientôt et le nouveau bâtiment accueillera ses premiers malades en juin 2010.
Nouveau bâtiment Rotschild

Enjeu fort de la recomposition du paysage hospitalier que conduit l’AP-HP depuis plusieurs années pour mieux répondre aux attentes de la population d’Ile de France, cette opération de reconversion vise à faire de Rothschild un hôpital de proximité de l’Est parisien et un hôpital de référence pour le handicap, les besoins du grand âge et l’odontologie dans un cadre architectural et technique innovant.

Le nouveau Rothschild offrira une palette complète de soins de rééducation et de gériatrie avec 310 lits (278 lits de SSR et 32 lits de gériatrie aiguë), 20 places de jour et 55 fauteuils dentaires.

Un hôpital de proximité pour l’Est parisien

L’hôpital Rothschild proposera une prise en charge en rééducation et en gériatrie adaptée aux habitants des arrondissements de l’Est parisien qui, faute de places intra-muros, étaient jusque-là le plus souvent hospitalisés loin de leur domicile et de leurs proches. Il travaillera en étroite collaboration avec les autres hôpitaux du groupe STARTT, Saint Antoine et Tenon.

Transféré de la rue Garancière (Paris 6ème), le centre d’odontologie du nouveau Rothschild offrira des soins dentaires pour tous les âges de la vie : urgences odontologiques de l’enfant et de l’adolescent, chirurgie buccale ambulatoire et de réhabilitation orale pour les patients externes et pour les hospitalisés.

Un hôpital de référence

Dans le domaine des soins de rééducation, Rothschild sera un établissement de recours à vocation régionale et nationale, en particulier dans le domaine neuro-orthopédique : pathologies des os et articulations et de la moelle épinière (sclérose en plaques, paraplégies, syndromes de la queue de cheval et pathologies nerveuses et musculaires de l’adulte), avec une expertise spécifique dans l’évaluation et la rééducation des troubles de la marche et de l’équilibre et pour les suites d’AVC (Accident Vasculaire Cérébral).

En gériatrie, il développera la prise en charge des patients âgés polypathologiques et ouvrira des unités spécialisées dans les troubles cognitivo-comportementaux (maladies d’Alzheimer et troubles apparentés) et l’oncogériatrie.

Tous les métiers médicaux et paramédicaux de la rééducation et de la gériatrie coopéreront dans une approche interdisciplinaire autour du patient : médecins gériatres et spécialistes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, psychomotriciens, ergothérapeutes, diététiciens, orthophonistes, pédicures, podologues, assistantes sociales, psychologues… seront réunis pour développer des prises en charge globales, en collaboration étroite avec la ville et tous les partenaires du maintien à domicile.

Lieu de formation initiale et continue universitaire à rayonnement national, le service d’odontologie conjuguera activités de proximité et activités de recherche et de traitement de pointe concernant les pathologies dentaires les plus lourdes et complexes.

Un cadre architectural et technique innovant

Le bâtiment du nouveau Rothschild sera exemplaire en termes d’ergonomie, d’accessibilité et d’éclairement naturel. Adapté au handicap dans ses moindres détails, il mettra à disposition des patients et des professionnels de santé des locaux et des d’équipements modernes et spécialisés : plateau technique de rééducation centralisé avec toutes les nouvelles technologies, complété par des salles de rééducation de proximité au niveau des secteurs d’hospitalisation, espace de balnéothérapie, aire d’essai de fauteuils roulants et parcours de déplacement, jardin, salle de sport …Ne comptant que des chambres individuelles, le nouveau Rothschild favorisera l’autonomie du patient handicapé : domotique, accès au réseau informatique, salles de bains munies de baignoires à hydro-sons … Patios, jardins et nombreux lieux de vie et de convivialité en feront un cadre de vie et de travail très agréable.

De nouveaux recrutements vont permettre de compléter, dans tous les métiers, les effectifs professionnels déjà présents pour accompagner l’ouverture progressive, à partir de juin 2010, de ce nouveau bâtiment.

Actualite : Envahissement du Siège de l'AP-HP


Le Siège de l'AP-HP (salle du Conseil d'Administration) est occupé depuis le 11/03/10 vers midi.

Une centaine de manifestants comptent y passer la nuit en l'attente de leurs collègues qui doivent venir au rassemblement prévu le 12/03/10 au matin. L'évènement a été relayé par la presse, quelle soit télévisuelle ou bien radiophonique. Mr Le Guen s'est rendu sur les lieux et a manifesté son soutien aux manifestants.

Il s'engage (après les élections) à réunir un CA extraordinaire. Il réclame un moratoire sur les suppressions de poste et réclame une enveloppe supplémentaire pour les investissements nécessaires à la survie de l'APHP.